Pâques 2009 Balade dans l’Est de la France

 Je suis allé bien quelques fois dans la Meuse et, curieusement, – est-ce l’effet d’une fatalité ou de quelque archétype qui travaille au plus secret de mon âme ? – je ne peux pas ne pas m’arrêter à Domrémy, village natal de Jeanne d’Arc. Il est ainsi des lieux que j’ai toujours aimés, longtemps avant de les avoir vus.


Si Jeanne est une héroïne tutélaire de la France, si elle est saluée aussi bien par la gauche que par la droite, en Helvétie cependant, elle n’est qu’un personnage, un de plus dans les livres d’histoire.

Mais moi, et c’est toujours en fin d’après-midi, les touristes s’en étant allés, je veux revoir la maison natale de Jeanne. Je veux me promener un peu. Je suis ému devant la statue de cette toute jeune femme qui tend vers le ciel sa main ouverte comme pour capter encore d’improbables paroles. Je veux, un moment, voir couler la Meuse à Domrémy où il me semble qu’elle a toujours coulé, et les mots de Péguy reviennent à ma mémoire :


«  Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas. »

Et de touriste soudain, me voilà métamorphosé en pèlerin. Alors, accoudé au pont de pierre, dans l’or du soir qui tourne, je me dis que le bon Dieu n’a peut-être pas si mal fait les choses puisqu’il me donne de voir si puissamment passer le temps de l’Histoire, avant d’aller rejoindre mes amis à Sauvigny.
vers le jour 2
Me voilà arrivé à destination
La Meuse charmeuse
Maison natale de Jeanne d’Arc
Je monte par mille petites routes agréables.
Je prends mon temps, je visite, j’expérimente
Premier jour
A l’origine, je devais monter bien plus haut dans le nord, mais le temps
incertain et une grêve à Calais m’ont fait séjourner dans la Meuse.